Le billet du directeur

Plus l’époque est tourmentée, plus le théâtre se doit d’être joyeux. La puissance de notre art séjourne dans cette capacité à jouer avec l’insouciance du vent pour planer au-dessus de la mêlée.

C’est cette exigence qui, depuis des années, nous motive à battre obstinément des ailes pour accéder à la clarté de visages rieurs comme vers de réconfortants soleils.

Révéler à vous-même la joie qui demeure et que l’on pourrait juger naïve ou futile est une forme de bravoure. Nous aurions échoué dans notre mission si nos spectateurs, qui depuis 5 ans viennent par milliers au Trianon de Bordeaux, décidaient subitement de s’enfermer chez eux sans plus pouvoir entendre même les merles moqueurs.

Ne nous y trompons pas, les oiseaux pas plus que les artistes ne sont accessoires ; c’est au son de leurs chants frivoles que le meilleur de notre humanité peut se régénérer !

Et c’est à la plume de Marguerite Yourcenar que j’emprunte ma conclusion : « Quand tous les calculs compliqués s’avèrent faux, quand les philosophes eux-mêmes n’ont plus rien à nous dire, il est excusable de se tourner vers le babillage fortuit des oiseaux… »

Xavier Viton